"Hip hop c'est l'amour de ma vie..."
(Vesty : ALARMISTE)


KEEP HIP HOP ATTITUDE



BONJOUR / BONSOIR





Pour avoir des infos sur les projets en cours et notament sur la préparation de l'album de NOB (da ROOTSNEG')
,
on a mis en ligne quelques sons et vidéos sur myspace et youtube, qui seront mis à jours régulièrement.
Les commentaires sont les bien venus :
http://www.myspace.com/rootsnob
http://www.myspace.com/unsixzero
http://www.myspace.com/zeno160
http://www.myspace.com/elenkaone
http://www.youtube.com/vito160
http://www.youtube.com/zeno160



mais aussi avant les élections :
- cours de langue de bois à l'ENA!!!
http://www.presidentielle-2007.net/images/cours-langue-bois-ena.jpg

- un clip sur les prestations d'un de nos ministres :
http://www.dailymotion.com/swf/4UrTuY67yh3y31nL2

NB :
Pour ceux qui souhaitent répeter ou enregistrer à des tarifs très intéressant et avec du bon matos :
Deux Pièces Cuisine
42 ave Paul Vaillant Couturier
93150 Le Blanc-Mesnil
01 48 69 79 43 (Vito)
repetition@deuxpiecescuisine.net1.6.0

www.myspace.com/deuxpiecescuisine


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LAISSEZ NOUS VOS COORDONNÉES ET FONCTIONS

Ainsi que pour toute demande d'info ou propositions de collaboration,
productions, distributions, de soirées, concerts, tournées, battles, expos, barbecues...,
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BIG UP
à tous ceux qui soutiennent le HIP HOP et 1.6.0!



GARDER L'ATTITUDE HIP HOP
(plus que jamais!)

ENQUÊTE

« Ils se défaussent sur nous des problèmes sociaux »
Vito160, responsable d’un label de hip-hop, dénonce les discours démagogiques de
certains hommes politiques.

Sur la page d’accueil Internet du collectif que vous dirigez, Un Six Zéro, on trouve
cette citation du chanteur Vesty :
« Hip-hop, c’est l’amour de ma vie... » Un amour qui s’exprime parfois de façon violente...

Vito160. Pas du tout. On ne peut pas être violent par amour !
La violence est engendrée par la haine, la rage et le sentiment d’injustice (réelle).
Mais si on se laisse submerger par la violence, on n’est plus un « artiste ».
Nous, on fait de l’art avec les gens, avant de faire de l’argent.
Les mots sont là parfois pour exprimer un mal-être profond, insondable, ou plus basiquement
un ras-le-bol :
« Arrêtez de nous prendre pour des cons », « vous ne voulez pas de nous (école, entreprise, boîtes...).
On ne veut pas de votre fausse charité et de votre vrai mépris »...

Vous avez commencé votre activité autour de la culture du hip-hop dans les années quatre-vingt-dix.
Les textes de rap sont-ils aujourd’hui plus véhéments qu’hier ?


Vito160. Il y a aujourd’hui plus de rappeurs et ils constatent que leur situation n’a fait qu’empirer depuis plus de vingt ans.
Le hip-hop fait partie de la culture française et mondiale, mais où sont les lieux pour que l’on puisse pratiquer notre art, se rencontrer, échanger ?
Ce sont les caves et les halls ?
Nous, ça fait trois ans que nous attendons un soutien financier et institutionnel !
Notre association est née alors que la France célébrait sa victoire au championnat du monde :
l’unité et la diversité n’étaient plus antinomiques.
Le but était de promouvoir la culture hip-hop qui commençait à se faire récupérer et à être
détournée à des fins libérales, commerciales.
Le hip-hop véhicule tout ce dont un individu d’aujourd’hui peut avoir besoin pour comprendre et
aimer le monde.
Par le biais des différentes pratiques artistiques, l’individu s’ouvre à lui-même et aux autres.
N’oublions pas la devise première, même si ça peut faire sourire :
« Peace, love, unity and having fun".

Les rappeurs dont vous vous occupez sont-ils à la ville aussi violents que dans
leurs chansons ?


Vito160. Les rappeurs et autres artistes avec qui nous travaillons, que nous rencontrons,
ne sont pas violents :
ils sont vivants, sensibles, conscients, intelligents, ouverts d’esprit. Il y en a même qui sont beaux,
et il y a même des filles ! On ne bosse pas dans un pénitencier.
On n’essaie pas de devenir des gangsters. On souhaite pouvoir faire écouter nos sons,
montrer nos vidéos, clips, courts métrages, organiser des événements, concerts, soirées, expos, « battles vidéo », faire kiffer les gens... si possible les sensibiliser, voire inciter à la réflexion,
et même faire rire et sourire !

Que pensez-vous de l’initiative prise dernièrement par deux centaines de députés et de sénateurs qui demandent au ministre de la Justice de poursuivre, au prétexte de la
violence de leurs paroles, un certain nombre de groupes de rap ?

Vito160. Ça veut dire que, même à l’Assemblée et au Sénat, on écoute du rap...
Trêve de plaisanterie, en fait, c’est du foutage de gueule !
Et après « ils » nous disent : « On vous a compris », « on a entendu et perçu vos attentes »...
Et pourquoi ne pas supprimer les hymnes nationaux, qui ont tendance à exacerber des
relents nationalistes, lors des rencontres de foot ?
À mon avis, les paroles de certains ministres et hommes politiques, leur démagogie, sont bien plus dangereuses que les paroles des rappeurs. Car cette démagogie semble s’étendre, comme une
grippe aviaire politique, à quelques mois des prochaines élections.
Ces députés sont élus pour « faire » et « assumer », pas pour se déresponsabiliser, se défausser
sur nous des problèmes sociaux et économiques que leur politique génère. J’ai envie de leur dire : respectez les Français, la France et sa devise, avant de nous condamner :
Liberté, Égalité et Fraternité ! Assumez ou démissionnez !
Enfin, s’ils veulent de l’amour dans les textes des rappeurs (et il y en a déjà),
qu’ils mettent en place les conditions d’un mieux-être : dans les quartiers, à l’école, dans les entreprises...
Que les rappeurs, qui sont des citoyens, des artistes et des témoins de notre temps,
puissent dirent qu’en bas de chez eux et surtout chez eux, ça change.

Entretien réalisé par J.-A. N. pour l'Humanité le 30/11/2005